Plaisir de donner. Donner pour le plaisir.
Jeudi dernier, je suis allé à la librairie pour (devinez…) m’acheter des livres! Pendant toute la semaine passée, j’ai une amie qui n’allait pas très bien et qui a donc passé la semaine à se morfondre en lisant des poèmes de Pablo Neruda et à presque pleurer parce que c’est Oh! tellement l’homme de sa vie avec ses merveilleux vers et ses beaux mots.
En allant à la librairie donc, j’ai vu dans la section poésie internationale un joli recueil de Neruda en version bilingue, espagnol et français : Vingt poèmes d’amour et une chanson désespérée (Original : Veinte poemas de amor y una cancion desesperada). Puisque l’amie est Salvadorienne (c’est-à-dire qu’elle vient du Salvador et non pas que c’est la fille de Salvador Dali), c’était CLAIR qu’elle serait heureuse d’avoir les poèmes dans la langue originale, en plus de les avoir en français pour que les gens de son entourage comprennent ce qu’elle lit. L’idée était clair à ce moment-là : je l’achète. Point!
Arrive donc samedi où je vois cette chère amie et lui offre ce livre avec une toute petite note gentille-gentille, lui disant à quel point ça me faisait plaisir de lui offrir et que j’espérais donc qu’elle use les pages du livre à force de lire les vers. Première réaction : Tout ce qu’il y a de plus normal, c’est-à-dire un gros “No Fuckin’ Way!!!! Merciiiiii! T’es donc bein gentiiiiiil!!”, suivi d’un immense sourire et d’un câlin bien en règle. Puis, vint la question qui me fit grincer des dents comme des ongles sur un tableau noir : “Combien je te dois?”
Euuuuuuuh… What The Fuck, combien tu me dois?!? Un gros ZÉRO dollar! C’est un cadeau. Le mot cadeau signifiant que je te donne gratuitement quelque chose sans rien attendre en retour.
Je n’ai jamais compris ce “réflexe” qu’ont certaines personnes de systématiquement avoir le sentiment d’être endetté envers quelqu’un qui est simplement gentil avec lui. Il me semble que de mon côté, si un(e) ami(e) arrive avec quelque chose et me dis “Tiens, c’est pour toi. J’ai tellement pensé à toi quand je l’ai vu”, je ne demanderai pas combien ça a coûté, et encore moins combien je lui dois. Je prends pour acquis que si cette personne à pris la peine de me faire un cadeau pour le plaisir, ce n’est sûrement pas pour se faire rembourser la chose sur-le-champ…
Ceci dit, si jamais je vous arrive avec un cadeau rien que pour vous, vous n’avez pas à me rembourser. Si je le fais, c’est parce que ça me fait plaisir de donner. Donner pour le plaisir.
Sauf si tu es une très jolie célibataire de mon âge. Alors là, oui, je m’attends à ce que tu me frenches à la fin de la soirée.


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